Archive d’étiquettes pour : NF Z 42-020

Non-conformité SIV : sanctions et retrait d’habilitation

Article de blog · 7 minutes de lecture · Catégorie : Automobile

L’arrêté du 1er juillet 2025 a également durci le régime des sanctions applicables aux professionnels habilités SIV. Suspension, retrait, révocation sous 48 heures : le préfet dispose d’un éventail gradué pour faire respecter les obligations d’archivage, de traçabilité et de conformité. Pour les professionnels de l’automobile, comprendre ce régime est un préalable à toute démarche de mise en conformité.

📌 À retenir

  • Trois niveaux de sanction : suspension, retrait définitif, révocation 48h.
  • Procédure contradictoire en principe, sauf cas graves.
  • Retrait de plein droit au 1er août 2026 pour les non-conformes.
  • Impact direct et immédiat sur l’activité d’immatriculation.
  • Sanctions CNIL possibles en parallèle.

Les trois niveaux de sanction

L’arrêté prévoit un dispositif gradué, que le préfet module en fonction de la gravité et de la récurrence des manquements constatés.

La suspension de l’habilitation

La suspension est la sanction la plus courante. Elle prive temporairement le professionnel de son accès au SIV. Concrètement, l’établissement ne peut plus réaliser de démarches d’immatriculation tant que la suspension n’est pas levée. Elle intervient en cas de manquement constaté : défaut d’archivage, absence de coffre-fort conforme, non-transmission d’informations à la préfecture.

La suspension est destinée à laisser au professionnel le temps de régulariser sa situation. Une fois la conformité rétablie et vérifiée, le préfet peut lever la suspension.

Le retrait définitif

Le retrait intervient lorsque la mise en conformité n’est pas réalisée dans les délais impartis après une suspension, ou en cas de manquement grave. Il met fin définitivement à l’habilitation. Une nouvelle demande est possible, mais elle est soumise à l’ensemble des conditions actuelles, avec une instruction complète.

Le retrait est également prononcé de plein droit à l’encontre des professionnels déjà habilités avant le 1er août 2025 qui n’auraient pas signé leur avenant à la convention au 1er août 2026.

La révocation sous 48 heures

Dans les cas les plus graves, le préfet ou le ministère de l’Intérieur peut procéder à une révocation immédiate, avec un délai réduit à 48 heures. Ce mécanisme est réservé aux situations de fraude caractérisée, d’atteinte grave à la sécurité des données ou de risque pour la fiabilité du SIV.

Les motifs de sanction

Plusieurs types de manquements peuvent déclencher une sanction.

MotifExemples
Défaut de conformité du coffre-fortAbsence de coffre-fort, solution non conforme à la NF Z 42-020, pas d’accès à distance pour l’administration.
Archivage défaillantDossiers incomplets, pièces justificatives manquantes, mauvaise qualité numérique, documents non conservés 5 ans.
Fraude documentaireFalsification de pièces, immatriculations fictives, usurpation d’identité de client.
Défaut de signalementChangement de SIREN, de dirigeant, de local, de préposé non déclaré à la préfecture.
Perte d’une conditionCessation d’activité, condamnation pénale d’un préposé, fermeture du local déclaré.
Refus de contrôleObstacle à un contrôle préfectoral, refus de communication du journal, non-restitution des dossiers demandés.

La procédure contradictoire

La sanction n’est pas automatique. Dans la majorité des cas, elle intervient après une procédure contradictoire qui permet au professionnel de présenter ses observations.

Le déroulement

La procédure débute par un courrier de la préfecture informant le professionnel des manquements constatés et de la sanction envisagée. Le professionnel dispose d’un délai pour répondre, fournir des justificatifs et engager une mise en conformité. À l’issue du délai, le préfet prend sa décision et la notifie.

Les exceptions

La procédure contradictoire ne s’applique pas aux cas graves relevant de la révocation sous 48 heures. Elle ne s’applique pas non plus au retrait de plein droit au 1er août 2026 pour les professionnels qui n’ont pas signé leur avenant : ce retrait est automatique.

L’impact business d’une sanction

Une sanction SIV a des effets immédiats sur l’activité.

Arrêt de l’activité d’immatriculation

Sans habilitation, le professionnel ne peut plus télétransmettre d’opérations au SIV. Pour un concessionnaire, cela signifie l’impossibilité de livrer un véhicule neuf immatriculé. Pour un garage, la perte du service carte grise proposé aux clients. Pour un mandataire, c’est la perte de son cœur de métier.

Conséquences sur les clients et les commandes

Les commandes en cours au moment de la sanction sont directement impactées. Les véhicules ne peuvent plus être livrés dans les délais prévus, ce qui expose le professionnel à des demandes d’indemnisation ou d’annulation de commande.

Image de marque et réputation

Une sanction SIV est un signal négatif pour les partenaires commerciaux, les financiers et les clients. Elle peut affecter durablement la relation avec les constructeurs pour un concessionnaire, ou avec les compagnies d’assurance pour un loueur.

Les recours possibles

Le professionnel sanctionné dispose de voies de recours, encadrées par le droit administratif général.

Le recours gracieux

Le recours gracieux est adressé au préfet qui a prononcé la sanction. Il demande le réexamen de la décision à la lumière d’éléments nouveaux ou d’arguments de fond. Il doit être introduit dans le délai de deux mois suivant la notification de la décision.

Le recours contentieux

Le recours contentieux est porté devant le tribunal administratif territorialement compétent. Il doit également être introduit dans le délai de deux mois suivant la notification ou le rejet d’un recours gracieux. Le tribunal examine la légalité de la décision et peut l’annuler si elle est jugée irrégulière.

Les sanctions RGPD en parallèle

Les dossiers d’immatriculation contiennent des données personnelles au sens du RGPD : pièces d’identité, justificatifs de domicile, coordonnées. Une mauvaise gestion de ces données (conservation au-delà de la durée légale, absence de sécurisation, accès non autorisés) peut déclencher des sanctions de la CNIL, indépendamment de la procédure SIV.

Les amendes CNIL peuvent atteindre 4 % du chiffre d’affaires annuel mondial ou 20 millions d’euros, selon le montant le plus élevé. Pour un professionnel de l’automobile, ces sanctions se cumulent avec celles prononcées par le préfet au titre de l’habilitation SIV.

Comment éviter les sanctions

La prévention repose sur quelques bonnes pratiques.

  • Souscrire un coffre-fort numérique conforme NF Z 42-020 avant la fin du printemps 2026.
  • Vérifier que chaque dossier est complet au moment de la télétransmission (pièces d’identité, justificatifs, mandat, cession).
  • Mettre en place une procédure de destruction à l’issue des 5 ans, avec attestation conforme.
  • Signaler rapidement tout changement à la préfecture (SIREN, dirigeant, local, préposé).
  • Former les préposés qui accèdent au SIV sur les obligations et les règles RGPD.
  • Réaliser un audit interne annuel pour vérifier la complétude des dossiers et la bonne tenue des archives.

Pour finir

Le régime de sanctions issu de l’arrêté du 1er juillet 2025 est plus exigeant qu’avant, mais il reste proportionné : la suspension précède généralement le retrait, et la procédure contradictoire laisse un droit de réponse. Le principal risque se situe au 1er août 2026, date à laquelle les professionnels non conformes perdront leur habilitation de plein droit, sans avertissement ni recours gracieux préalable.

Une mise en conformité anticipée reste la seule stratégie raisonnable.


📥 Checklist de conformité SIV 2026

15 points de contrôle pour auditer votre situation en 10 minutes.

🎯 Rendez-vous avec un expert LegalySpace

30 minutes pour cartographier vos flux, identifier vos risques et définir un plan.

Pour aller plus loin

Sources

  • Arrêté du 1er juillet 2025 modifiant l’arrêté du 9 février 2009, Légifrance
  • Code des relations entre le public et l’administration, procédure contradictoire
  • RGPD, articles 83 et suivants, CNIL

Habilitation SIV 2026 : les nouvelles conditions à connaître

Article de blog · 7 minutes de lecture · Catégorie : Automobile

L’arrêté du 1er juillet 2025 a durci les conditions d’obtention et de maintien de l’habilitation SIV. Depuis le 1er août 2025, seuls les professionnels remplissant cinq critères précis peuvent être habilités à télétransmettre des opérations d’immatriculation. Les professionnels déjà habilités avant cette date doivent se mettre en conformité et signer un avenant à leur convention avant le 1er août 2026. Tour d’horizon des nouvelles règles.

À retenir

  • Habilitation SIV : autorisation d’accès direct au Système d’Immatriculation des Véhicules.
  • Délivrée par le préfet du département du siège social.
  • 5 conditions à remplir depuis le 1er août 2025.
  • Avenant obligatoire avant le 1er août 2026 pour les pros déjà habilités.
  • Contrôles préfectoraux sur pièces, sur place et à distance.

Ce qu’est l’habilitation SIV

L’habilitation SIV est une autorisation administrative qui permet à un professionnel de l’automobile de télétransmettre directement des opérations dans le Système d’Immatriculation des Véhicules, géré par le ministère de l’Intérieur. Elle donne accès à un ensemble de démarches réalisées pour le compte des clients : déclarations de cession, demandes de cartes grises, changements d’adresse, modifications techniques.

Sans habilitation, un professionnel doit passer par un prestataire intermédiaire (bureau carte grise, mandataire habilité) pour chaque opération d’immatriculation. L’habilitation directe est un levier d’autonomie et de qualité de service pour les clients, mais elle implique des obligations juridiques précises.

Qui délivre l’habilitation

L’habilitation est délivrée par le préfet du département où se trouve le siège social de l’entreprise. Elle n’est pas de droit : l’autorité préfectorale apprécie le bien-fondé de chaque demande et peut définir des seuils locaux pour tenir compte du contexte.

Qui peut en bénéficier

L’habilitation s’adresse aux professionnels de l’automobile au sens large : concessionnaires VN et VO, garages, loueurs, mandataires et bureaux carte grise, négociants, démolisseurs et recycleurs, professionnels des deux-roues et des véhicules industriels.

Les 5 conditions à remplir

L’arrêté du 1er juillet 2025 fixe cinq conditions cumulatives pour obtenir ou conserver l’habilitation.

1. Une existence légale d’au moins un an

Le professionnel doit justifier, au jour de sa demande, d’une existence légale et d’une activité professionnelle d’au moins une année. Cette condition écarte les structures créées pour accéder rapidement au SIV sans passif vérifiable.

2. Une activité stable et significative

Le professionnel doit démontrer une activité stable et significative sur l’année précédant sa demande, qui justifie un besoin réel de télétransmettre directement des opérations au SIV. Le préfet peut définir des seuils locaux pour apprécier ce critère. Un garage qui traite trois immatriculations par an n’entre pas dans le champ d’une habilitation directe : il relève d’un prestataire spécialisé.

3. Un casier judiciaire vierge

Le bulletin n° 2 du casier judiciaire doit être vierge. Cette condition s’applique à la personne physique professionnelle, mais aussi à chaque préposé qui réalise des télétransmissions. Pour une personne morale, les dirigeants, associés et préposés concernés sont tous vérifiés. Le représentant de la personne morale fait également l’objet d’une enquête administrative.

4. Un local professionnel dédié

Le professionnel doit disposer d’un établissement fixe avec une adresse physique vérifiable. Le local doit être adapté à l’activité : accueil de la clientèle, stockage sécurisé des documents, postes de travail pour les collaborateurs accédant au SIV. La préfecture peut effectuer des contrôles inopinés pour vérifier la réalité de cette présence physique.

5. Un coffre-fort numérique conforme NF Z 42-020

Depuis l’arrêté du 1er juillet 2025, le professionnel doit disposer d’un coffre-fort numérique conforme à la norme NF Z 42-020 pour archiver les dossiers d’immatriculation pendant cinq ans. Ce coffre-fort doit permettre un accès à distance par les services du ministère de l’Intérieur.

Le calendrier à respecter

1er août 2025 : entrée en vigueur de l’arrêté. Toutes les nouvelles demandes d’habilitation sont soumises aux cinq conditions.

1er août 2025 au 1er août 2026 : période de transition pour les professionnels déjà habilités avant cette date. Ils doivent se mettre en conformité et signer un avenant à leur convention avec la préfecture.

1er août 2026 : retrait de plein droit pour les professionnels qui n’ont pas signé leur avenant.

Comment demander ou renouveler l’habilitation

La procédure pour un nouveau demandeur

La demande est adressée à la préfecture du département du siège social, accompagnée des pièces justificatives attestant de la satisfaction des cinq conditions. Après instruction, le préfet signe une convention d’habilitation individuelle avec le professionnel. Cette convention précise les droits, les obligations et les modalités de contrôle.

L’avenant pour les pros déjà habilités

Pour les professionnels habilités avant le 1er août 2025, le renouvellement passe par un avenant à la convention existante. Les pièces à fournir portent essentiellement sur les nouvelles exigences : attestation de conformité du coffre-fort numérique, justificatifs relatifs au local, bulletins n° 2 du casier judiciaire des personnes concernées.

Les obligations après obtention

Une fois habilité, le professionnel est soumis à plusieurs obligations continues.

  • Archivage conforme : conservation des dossiers d’immatriculation pendant cinq ans dans un coffre-fort NF Z 42-020.
  • Destruction à l’issue des 5 ans : avec attestation de destruction conforme au modèle préfectoral.
  • Information du préfet : en cas de changement affectant l’entreprise (SIREN, dirigeant, local, préposés).
  • Accès aux contrôles : sur pièces, sur place et à distance via le coffre-fort numérique.
  • Respect du RGPD : le professionnel reste responsable du traitement des données personnelles contenues dans les dossiers.

Le pouvoir d’appréciation du préfet

L’arrêté laisse au préfet une marge d’appréciation, notamment sur le volume d’immatriculations qui justifie une habilitation directe. Ce pouvoir vise à réserver l’accès au SIV aux acteurs pour lesquels cette activité représente une part significative de leur métier. Un professionnel qui ne traite qu’une poignée d’immatriculations par an peut se voir refuser ou retirer son habilitation, et être orienté vers un prestataire spécialisé.

Le préfet peut également procéder à des contrôles inopinés pour vérifier la réalité de l’activité, la présence physique dans le local déclaré et la conformité des archives.

Pour finir

L’habilitation SIV n’est plus un acquis : c’est un statut à entretenir. Les professionnels déjà habilités qui tardent à s’équiper d’un coffre-fort numérique conforme et à signer leur avenant risquent un retrait automatique au 1er août 2026. Pour les nouveaux entrants, la barre est plus haute qu’avant, mais les critères restent accessibles à toute structure sérieuse.

Anticiper la mise en conformité dès le printemps 2026 permet d’éviter la saturation des services préfectoraux et des prestataires à l’approche de l’échéance.


Checklist de conformité SIV 2026

15 points de contrôle pour auditer votre situation en 10 minutes.

Rendez-vous avec un expert LegalySpace

30 minutes pour cartographier vos flux, identifier vos risques et définir un plan.

Pour aller plus loin

Sources

  • Arrêté du 1er juillet 2025 modifiant l’arrêté du 9 février 2009, Légifrance
  • Loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 (enquête administrative)
  • Arrêté du 9 février 2009 modifié relatif aux modalités d’immatriculation des véhicules
  • Code de la route, articles L. 330-1 et R. 322-1 à R. 322-5

NF Z 42-020 : la norme du coffre-fort numérique expliquée aux pros de l’auto

Article de blog · 7 minutes de lecture · Catégorie : Automobile

La NF Z 42-020 est citée explicitement par l’arrêté du 1er juillet 2025 : c’est la norme à laquelle doit répondre tout coffre-fort numérique utilisé pour archiver les dossiers d’immatriculation. Publiée par l’AFNOR, elle définit les fonctions minimales d’un composant coffre-fort numérique (CCFN) et les garanties techniques associées. Pour un professionnel habilité SIV, vérifier qu’une solution respecte cette norme est désormais aussi important que son prix ou ses fonctionnalités métier.

📌 À retenir

  • NF Z 42-020 : norme AFNOR sur les coffres-forts numériques.
  • Définit 10 fonctions minimales qu’un CCFN doit savoir exécuter.
  • Objectif : garantir l’intégrité des documents dans la durée.
  • Citée comme exigence par l’arrêté SIV du 1er juillet 2025.
  • Différente de la certification NF 203, qui va plus loin.

Ce que définit la NF Z 42-020

La norme NF Z 42-020 est intitulée « Spécifications fonctionnelles d’un composant coffre-fort numérique destiné à la conservation d’informations numériques dans des conditions de nature à en garantir leur intégrité dans le temps ».

Elle fixe un cadre technique français pour ce qu’est un coffre-fort numérique, quelles fonctions il doit offrir et quelles métadonnées doivent accompagner chaque document archivé. Elle est publiée par l’AFNOR (Association française de normalisation) et s’adresse aux éditeurs de solutions comme aux organisations qui en déploient.

Une norme sur un composant technique

La NF Z 42-020 ne décrit pas un système d’archivage complet, mais un composant : le coffre-fort numérique (CCFN). Elle précise les interfaces, les fonctions et les contrôles attendus. Un système d’archivage électronique (SAE) complet peut intégrer un CCFN conforme NF Z 42-020 comme brique de stockage, complétée par d’autres modules (gestion, workflow, plan de classement).

Un objectif : l’intégrité dans la durée

Le principe central de la norme est l’intégrité des documents conservés. Un document déposé dans un coffre-fort conforme ne doit pas pouvoir être modifié, ni par l’utilisateur, ni par l’administrateur, ni par un tiers. Cette garantie d’intégrité donne au document sa valeur probante en cas de contrôle ou de contentieux.

Les 10 fonctions obligatoires

La norme liste dix fonctions minimales qu’un CCFN doit savoir exécuter.

FonctionCe qu’elle permet
DéposerEnregistrer un document avec ses métadonnées et son empreinte numérique.
LireConsulter un document archivé, sans altérer son contenu.
Lire métadonnées techniquesAccéder aux informations techniques associées (identifiant, déposant, date, empreinte).
ContrôlerVérifier que le document n’a pas été altéré depuis son dépôt.
Lire journalConsulter la trace de toutes les opérations effectuées sur le coffre-fort.
ListerObtenir la liste des documents archivés selon des critères de recherche.
RestituerRécupérer un exemplaire du document identique à celui qui a été déposé.
DétruireSupprimer un document à l’issue de sa durée de conservation, avec traçabilité.
ViderDétruire l’ensemble des documents d’un coffre-fort, sous conditions strictes.
Contrôler CCFNAuditer le fonctionnement du composant coffre-fort lui-même.

Les garanties techniques apportées

Derrière ces fonctions, la NF Z 42-020 impose plusieurs mécanismes techniques.

Empreinte numérique à chaque dépôt

Chaque document déposé reçoit une empreinte numérique (hash cryptographique). Cette empreinte est calculée au moment du dépôt et conservée avec le document. Elle permet de vérifier à tout moment que le document n’a pas été modifié.

Horodatage du dépôt

La date et l’heure précises du dépôt sont enregistrées automatiquement et ne peuvent pas être modifiées. Pour des documents à valeur juridique, un horodatage qualifié au sens du règlement eIDAS est recommandé.

Journalisation exhaustive

Toutes les opérations réalisées sur le coffre-fort (dépôt, consultation, restitution, destruction) sont enregistrées dans un journal inaltérable. Ce journal permet de reconstituer l’historique complet de chaque document et de tracer chaque accès.

Identification du déposant

Chaque document est rattaché à l’utilisateur qui l’a déposé, via un mécanisme d’authentification. Les rôles utilisateurs sont différenciés : administrateur technique, administrateur fonctionnel, utilisateur simple.

Différences avec les autres normes d’archivage

Plusieurs normes coexistent dans le paysage français de l’archivage électronique. Voici comment se situe la NF Z 42-020.

Norme / certificationObjetPositionnement
NF Z 42-020Spécifications fonctionnelles d’un composant coffre-fort numérique.Norme technique AFNOR sur le composant CCFN.
NF Z 42-013Exigences pour un système d’archivage électronique (SAE) complet.Norme technique plus large que la 42-020.
NF 203 (CCFN)Certification AFNOR d’une solution de coffre-fort numérique.Marque NF attestant la conformité auditée à la NF Z 42-020 et à un référentiel complémentaire.
NF Z 42-026Numérisation fidèle de documents papier.Norme complémentaire quand les originaux sont papier.
ISO 14641Version internationale de la NF Z 42-013.Référence internationale pour les SAE.

Pour un professionnel habilité SIV, la NF Z 42-020 est le minimum exigé par l’arrêté du 1er juillet 2025. La certification NF 203 apporte une garantie supplémentaire : elle atteste qu’un organisme indépendant a audité la solution.

Pourquoi la norme est désormais obligatoire pour les pros de l’auto

L’article 18-8 de l’arrêté du 9 février 2009, dans sa rédaction issue de l’arrêté du 1er juillet 2025, indique que l’archivage des dossiers d’immatriculation doit être réalisé au moyen d’un coffre-fort numérique conforme aux normes de sécurité en vigueur. La NF Z 42-020 est la référence applicable.

L’accès à distance par l’administration

L’arrêté impose que le coffre-fort permette un accès en consultation à distance par les services du ministère de l’Intérieur. Cet accès est encadré : il requiert une authentification de l’agent et chaque consultation est journalisée.

La valeur probante en cas de contrôle

Un document archivé dans un coffre-fort conforme peut être produit comme preuve fiable lors d’un contrôle préfectoral, d’un audit du ministère de l’Intérieur ou d’un contentieux. C’est cette valeur probante qui distingue la NF Z 42-020 d’un simple stockage cloud.

Comment vérifier qu’une solution est conforme

Avant de souscrire à un coffre-fort numérique, plusieurs vérifications sont utiles.

  • Demander l’attestation de conformité NF Z 42-020 délivrée par l’éditeur ou un organisme tiers.
  • Privilégier une solution certifiée NF 203, qui garantit un audit indépendant.
  • Vérifier l’hébergement des données (en France pour les données SIV).
  • Confirmer la capacité d’accès à distance pour les services du ministère de l’Intérieur.
  • Tester l’intégration avec le DMS ou le logiciel métier existant (API, connecteur).
  • Examiner la politique de destruction à l’issue des 5 ans de conservation.

Pour finir

La NF Z 42-020 est la norme technique de référence pour tout coffre-fort numérique en France. Depuis l’arrêté du 1er juillet 2025, elle s’impose aux professionnels de l’automobile habilités SIV. Elle constitue le socle minimum, que la certification NF 203 vient renforcer par un audit externe.

Pour un concessionnaire, un garage ou un mandataire, le choix d’une solution conforme conditionne la validité juridique de l’archivage et la capacité à répondre à un contrôle préfectoral.


Checklist de conformité SIV 2026

15 points de contrôle pour auditer votre situation en 10 minutes.

Rendez-vous avec un expert LegalySpace

30 minutes pour cartographier vos flux, identifier vos risques et définir un plan.

Pour aller plus loin

Sources

  • Norme NF Z 42-020, AFNOR
  • Arrêté du 1er juillet 2025 modifiant l’arrêté du 9 février 2009, Légifrance
  • Référentiel de certification NF 203 (CCFN), AFNOR Certification

Arrêté du 1er juillet 2025 : ce qu’il change pour les pros de l’automobile

Article de blog · 8 minutes de lecture · Catégorie : Automobile

Publié au Journal officiel le 9 juillet 2025, l’arrêté du 1er juillet 2025 s’applique depuis le 1er août. Il impose une nouvelle règle aux professionnels habilités au Système d’Immatriculation des Véhicules (SIV) : tous les dossiers d’immatriculation doivent être archivés dans un coffre-fort numérique conforme. Concessionnaires, garages, loueurs, mandataires, démolisseurs : personne n’y échappe. Les pros déjà habilités avant août 2025 ont jusqu’au 1er août 2026 pour se mettre en règle.

Le texte, les documents à archiver, les sanctions, le plan de mise en conformité : tour d’horizon.

📌 À retenir

  • L’arrêté est en vigueur depuis le 1er août 2025.
  • Archivage obligatoire dans un coffre-fort numérique NF Z 42-020.
  • Conservation 5 ans, puis destruction.
  • Délai jusqu’au 1er août 2026 pour les pros déjà habilités.
  • Passé ce délai : retrait de l’habilitation.

Ce que le texte impose

L’arrêté modifie celui du 9 février 2009 sur les modalités d’immatriculation. Il ajoute deux articles, 18-8 et 18-9, qui encadrent la conservation des dossiers.

Un coffre-fort numérique NF Z 42-020

Les pièces justificatives doivent être archivées sous format dématérialisé, dans une qualité qui garantit l’authenticité des documents. Le texte exige un coffre-fort numérique conforme aux normes de sécurité, souscrit par le professionnel, avec accès à distance pour le ministère de l’Intérieur.

La norme de référence, c’est la NF Z 42-020. Elle précise ce qu’un coffre-fort numérique doit savoir faire : déposer, consulter, journaliser, restituer. Le papier reste autorisé en complément, mais le numérique devient la référence.

5 ans de conservation

Chaque dossier se conserve cinq ans à partir de la date de demande d’immatriculation. Pas de modulation possible : ça vaut pour une immatriculation de véhicule neuf, un changement de titulaire, une modification technique, un duplicata.

Une destruction tracée

Au bout des 5 ans, le dossier doit être détruit. C’est un principe RGPD : pas de conservation au-delà de la durée utile. La préfecture peut demander une attestation de destruction, dont un modèle est fourni par les services de l’État.

Un contrôle préfectoral renforcé

L’article 18-9 donne au préfet la possibilité de contrôler sur pièces, sur place, et à distance via l’accès au coffre-fort. La solution choisie doit donc non seulement stocker les documents, mais aussi laisser l’administration les consulter en cas de contrôle.

Qui est concerné

Deux cas selon la date d’habilitation.

Les nouveaux habilités (depuis le 1er août 2025)

Pour toute demande déposée à partir de cette date, les règles s’appliquent immédiatement. Avoir un coffre-fort numérique conforme, c’est une condition pour obtenir l’habilitation. Les autres critères ont aussi été durcis : un an d’activité minimum, activité stable, local dédié, casier judiciaire vierge pour tous les salariés qui accèdent au SIV.

Les professionnels déjà habilités avant août 2025

Eux ont un an pour se mettre en conformité. D’ici le 1er août 2026, ils doivent avoir souscrit une solution conforme et signé un avenant à leur convention avec la préfecture. Passé cette date : retrait automatique de l’habilitation, sans procédure contradictoire.

Tous les métiers du secteur

L’obligation concerne l’ensemble des pros habilités SIV :

  • Concessionnaires (VN et VO, toutes marques)
  • Garages qui immatriculent pour leurs clients
  • Loueurs courte et longue durée, LOA, LLD
  • Mandataires et bureaux carte grise
  • Négociants en véhicules d’occasion
  • Démolisseurs, recycleurs, centres VHU
  • Importateurs avec profil PIVO PRO

Les petites structures habituées à une gestion papier vont devoir franchir une marche plus haute que les grands groupes déjà équipés en GED.

Les documents à archiver

Un dossier d’immatriculation, c’est plus qu’un certificat. C’est un ensemble de pièces.

Type de documentExemplesDurée
Identité du titulairePièce d’identité, passeport, titre de séjour en cours de validité5 ans
Justificatif de domicileFacture énergie, avis d’imposition, quittance (moins de 6 mois)5 ans
Certificat de cessionCerfa 15776 signé vendeur et acquéreur5 ans
Demande d’immatriculationCerfa 13750 complet5 ans
Mandat professionnelMandat d’immatriculation Cerfa 137575 ans
Ancien certificat d’immatriculationCarte grise barrée avec mention « vendu le »5 ans
Certificat de conformitéPour les VN et les véhicules importés5 ans
Quitus fiscalPour les véhicules venant de l’étranger5 ans
Justificatif d’assuranceAttestation ou carte verte (bonne pratique)5 ans
Échanges SIVTraces des opérations télétransmises5 ans

À noter : le livre de police (obligatoire pour les négociants en véhicules d’occasion) relève d’une autre réglementation (Code pénal, articles 321-7 et suivants) et a ses propres durées. Il peut toutefois être tenu en numérique et archivé dans le même coffre-fort, ce qui simplifie les choses.

Trois dates à garder en tête

1er août 2025 : l’arrêté entre en vigueur. Obligations pleines pour toute nouvelle habilitation.

1er août 2025 au 1er août 2026 : un an de transition pour les pros déjà habilités. C’est la fenêtre pour choisir un prestataire, mettre en place la solution, former les équipes, préparer l’avenant.

1er août 2026 : date couperet. Pas d’avenant signé, pas de coffre-fort conforme : retrait de l’habilitation.

Le délai a l’air confortable. Il ne l’est pas vraiment. Entre l’audit des flux, le choix d’un prestataire, l’intégration technique, la formation et la signature de l’avenant, il faut compter six à neuf mois selon la taille de la structure. Les retardataires vont trouver les prestataires saturés au printemps 2026.

Ce qu’on risque à ne rien faire

Les conséquences ne sont pas théoriques. Elles touchent directement l’activité.

Suspension de l’habilitation SIV. Le préfet peut couper l’accès au SIV si le professionnel n’est pas en règle. Plus d’immatriculation, plus de carte grise pour les clients.

Retrait définitif. Si la mise en conformité tarde, le retrait devient définitif. Dans les cas les plus graves, une révocation sous 48 heures est prévue.

Impact direct sur le business. Un concessionnaire sans habilitation ne peut plus livrer un véhicule neuf immatriculé. Un garage ne peut plus proposer la carte grise. Un mandataire perd son activité. Pour certaines structures, c’est existentiel.

Sanctions CNIL. Une mauvaise gestion des données personnelles peut aussi déclencher des sanctions RGPD, indépendamment de l’habilitation SIV.

Comment se mettre en conformité

Un plan en cinq étapes pour s’y prendre proprement.

1. Audit des flux. Quels types de dossiers, quels volumes, quels points d’entrée (scan, email, upload client, DMS), qui manipule quoi. C’est la base du cahier des charges.

2. Choix d’une solution certifiée. Minimum requis : conformité NF Z 42-020. La certification NF 203 (délivrée par l’AFNOR) ajoute une garantie sur la qualité de service, auditée par un tiers indépendant. À regarder aussi : hébergement des données en France, intégration API avec votre DMS, rapidité de restitution en cas de contrôle, horodatage qualifié.

3. Intégration technique. Connecter le coffre-fort au DMS ou au logiciel métier. L’objectif : zéro double saisie, archivage automatique au fil de l’eau.

4. Formation des équipes. Vendeurs, gestionnaires administratifs, responsables carte grise : tout le monde doit maîtriser le nouveau workflow. Une heure ou deux suffisent généralement, mais c’est indispensable.

5. Signature de l’avenant. Une fois la solution en place, on prend contact avec la préfecture pour signer l’avenant. À anticiper : les services préfectoraux vont être saturés avant l’été 2026.

Pourquoi regarder la certification NF 203

La NF Z 42-020 imposée par l’arrêté fixe le socle. La certification NF 203 va plus loin : qualité de service, sécurité opérationnelle, pérennité. Pour un professionnel de l’auto, une solution NF 203 couvre l’obligation SIV et peut servir aussi pour le reste : contrats clients, factures, paie, RH. Une seule solution pour tout le documentaire.

LegalySpace propose un coffre-fort numérique NF 203, hébergé en France, avec une API pour se connecter aux DMS et logiciels métier du secteur. La plateforme gère aussi la signature électronique qualifiée et l’échange sécurisé de documents.

Pour finir

L’échéance du 1er août 2026 paraît lointaine. Elle ne l’est pas. Le printemps 2026 va être tendu pour ceux qui s’y prennent au dernier moment. Mieux vaut enclencher la démarche maintenant, tant que les prestataires ont de la bande passante et que les services préfectoraux ne sont pas saturés.


Checklist de conformité SIV 2026

15 points de contrôle pour auditer votre situation en 10 minutes.

Rendez-vous avec un expert LegalySpace

30 minutes pour cartographier vos flux, identifier vos risques et définir un plan.

Pour aller plus loin

Sources

  • Arrêté du 1er juillet 2025 modifiant l’arrêté du 9 février 2009, Légifrance
  • Norme NF Z 42-020, AFNOR
  • Article R. 350-3 du Code de la route